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Article "Hôpital Normand & Cross"

 

 

Photographie de la toile de Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté (1908).

Université Laval à Mtl

 

 

 

Aussi, un très joli .PPS sur la ville de Trois-Rivières : Liens

 

Mise à jour : 13 sept 2010
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Louis-Philippe Normand (1863-1928)

 

Un grand feu dévastateur

C’est en 1908, quelques jours seulement après un grand feu qui a dévasté tout le centre-ville de Trois-Rivières et laissé plus de 800 personnes sans logis que le médecin a été plébiscité par la population pour prendre charge de la ville et voir à sa reconstruction.

Il fallait voir l’état des lieux après le sinistre pour apprécier l’immensité de la tâche à laquelle le nouveau maire d’alors devait faire face.

Les journaux de l’époque d’ailleurs, tant de Québec que de Montréal, en plus du journal local, avaient publié de nombreux articles et photos de cette catastrophe. Un montage sur film d’un ensemble de photos prises à l’époque par le propriétaire du Ouimetoscope de Montréal tournait sans fin dans l’exhibit sur le grand feu que la Ville avait fait monter en juin de cette année dans le grand hall de l’hôtel de ville pour commémorer l’événement et pour le bénéfice des représentants de la famille Normand qui s’y  réunissaient pour cette double commémoration.

 Un homme d’exception

Le docteur Louis-Philippe Normand était un homme d’exception. C’est non seulement l’opinion exprimée à plusieurs reprises au fil des années par un de ses petit-fils Antoine Normand (membre # 140), mais les articles de journaux publiés au lendemain de son décès en 1928 en font un éloge sans pareil. En lisant ces mots, on peut comprendre à quel point, un homme déjà tant occupé, ne pouvait être qu’exceptionnel pour accepter en plus de toutes ses autres charges et fonctions, celle de maire d’une ville dévastée avec mandat de la reconstruire. Je vous livre quelques extraits d’un texte paru dans le journal Le Nouvelliste de Trois-Rivières, en 1928, au lendemain de son décès, sous la plume de Me Joseph Barnard.

« Après de brillantes études médicales commencées à l'Université Laval à Montréal, puis continuées à Paris et aux États-Unis, le Docteur Normand commençait aux Trois-Rivières, en 1887, une pratique active de sa profession qu'il a poursuivie jusqu' à sa mort. On se rappelle que tout de suite dès le début le jeune praticien étonna par la sûreté de son diagnostic et opéra des cures réputées merveilleuses ; dans le domaine de la chirurgie il accomplit également ce que l'on considérait être des miracles.

Le bruit de ses rapides succès ne tarda pas à le charger d'une clientèle de plus en plus nombreuse ; les malades venaient de partout, et même de l'étranger confier leurs misères au talentueux jeune médecin.

Est-il besoin de rappeler aujourd'hui les qualités spéciales qui fai­saient du Docteur Normand le médecin que tous les malades appelaient de préférence à leur chevet. C'est que, en plus de ses connaissances profondes de l'art médical, le bon Médecin apportait à ses patients une immense sympathie et une fraternelle affection. Si l'on ajoute à cela le fait que le Docteur Normand répondait inlassablement à tous les appels, et accourait avec le même empressement au chevet du pauvre comme du riche, on s'explique de quelle affectueuse admiration le Docteur Nor­mand était entouré ici, comme partout où il avait l'occasion de faire du bien.

Et l'on s'explique très bien le fait que, à certaines heures particuliè­rement difficiles, nos concitoyens des Trois-Rivières aient été frapper à sa porte pour solliciter son concours à la solution d'un problème de notre vie publique. Au lendemain du grand désastre de 1908, alors que le Docteur Normand arrivait du Congrès Médical de Paris où il avait représenté le Canada avec honneur, on le supplia de prendre charge de notre administration municipale désemparée. On mettait ainsi sur les épaules du même homme une double tâche, égale­ment lourde et également épuisante ; on demandait au Docteur Nor­mand d'ajouter aux charges si multiples de sa profession, celle particu­lièrement délicate de relever de ses cendres plus de la moitié d'une ville, et de réorganiser sa marche vers le progrès futur. On sait avec quelle ardeur le maire de 1908 se mit à la tâche, et quel succès remportèrent ceux que son généreux exemple avait animés. Il eut été intéressant d'entendre le Docteur Normand raconter la destruction de notre ville, nous faire revivre les heures troublantes de cette période tragique de notre cité et son héroïque recons­truction immédiatement commencée.

 

Heures troublantes, à ce moment-là, certes! Mais devenues tout de suite des heures d'espérance grâce à l'inlassable énergie du Maire Normand et de nos généreux concitoyens. Par malheur, le Docteur Normand si dévoué, si empressé pour rendre service à tout le monde, n'oubliait que lui-même.

Au cours de sa carrière, le Docteur Normand s'est vu décerner  tous les honneurs. Il fut président de la Société Médicale des Trois-Rivières; président du 3ème Congrès des Médecins de Langue Française aux Trois-Rivières, en 1906 ; président du Collège des Médecins de la Province de Québec en 1907-14 ; président du Conseil médical du Canada. Il a été échevin de sa ville natale en 1900, et maire à deux reprises, de 1908-13, et de 1921-23. Candidat conservateur en 1911, et ministre président du Conseil privé en 1921 dans le cabinet Meighen. Monsieur le Docteur Normand a été créé Commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand en 1921, et officier de la Légion d'honneur. Il fut de plus président conjoint du monument Laflèche, président des Retraites fermées, etc.

Le deuil de la société Médicale, de tous nos concitoyens, est immen­se. Mais il n'est rien pourtant si on le compare à celui qu'éprouve la famille du regretté défunt. Le Docteur Normand qui avait le coeur si large pour tous, avait dans ce coeur une place de choix pour ceux de sa famille, pour ceux dont il était le père vénéré et chéri. Le chagrin pour ceux-là est incommensurable. Aussi prions-nous Madame Normand et la famille en deuil d'accepter l'assurance de notre vive sympathie. »

 

Antoine L. Normand